C'est une étape dont on parle beaucoup, et il existe d'ailleurs une multitude de ressources pour soutenir le développement moteur des 4 à 6 ans.
En revanche, la préparation à la 1ère année, et à l'apprentissage de l'écriture, est un sujet tout aussi important, mais beaucoup moins abordé.
Même après une année stimulante en maternelle, certains enfants ont simplement besoin de plus de temps pour consolider leurs préalables moteurs. Le défi ? Trouver des ressources adaptées pour soutenir la motricité des 6 à 8 ans n'est pas toujours facile.
C'est ce que nous allons démystifier dans cet article.
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L’enfant quitte la maternelle, où le jeu libre, l’exploration à son propre rythme occupaient beaucoup de place, pour entrer dans un univers où l’écriture débute, et prendra progressivement plus d’importance.
Pour certains enfants, cette transition se fait assez naturellement. Ils colorient avec plaisir, découpent avec assez de contrôle, tiennent leur crayon de manière fonctionnelle, écrivent déjà quelques lettres, et restent engagés dans une tâche papier-crayon pendant plusieurs minutes.
Pour d’autres, on envisage déjà que ce sera plus difficile. L’enfant évite les activités de coloriage parce qu'il ne se trouve pas assez précis. Il dit que c’est long. Il se fatigue vite. Il change le crayon de main. Il appuie très fort sur son crayon ou, au contraire, ses tracés sont très pâles. Il tient ses ciseaux maladroitement et dévie beaucoup de la ligne. Il froisse le papier quand il colle. Il a du mal à effacer (gommer) sans déchirer la feuille. Il dessine, mais ses dessins sont encore très simples, sans détails ou difficile à reconnaître. Il n'écrit pas encore son nom.
Dans ces scénarios, on peut facilement déterminer que l’enfant « n’est pas prêt pour l’écriture ».
Néanmoins, la réalité est que, prêt pas prêt, l'apprentissage de l'écriture sera au programme pour lui cette année.
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On associe souvent la préparation à l’écriture à la connaissance des lettres : reconnaître les lettres, les nommer, faire des rimes, les tracer, écrire son prénom, ou écrire certains mots « au son ». Ces apprentissages sont importants, bien sûr. Mais l’écriture manuscrite ne repose pas seulement sur la capacité de reconnaître et mémoriser la séquence de formation des lettres.
Pour écrire, l’enfant doit aussi être capable de contrôler son corps, son bras, sa main, ses doigts, son regard et son crayon en même temps. Il doit maintenir une posture stable, stabiliser sa feuille avec une main, bouger son crayon avec l’autre, ajuster la pression, respecter l’espace, suivre une ligne, et rester engagé assez longtemps pour terminer la tâche.
Cela demande beaucoup de coordination.
Ainsi, un enfant peut être prêt dans sa tête (au niveau cognitif et langagier), mais avoir encore du développement à consolider dans son corps, parce que sa motricité fine n'est pas encore suffisamment disponibles pour cette tâche.
Dans ce scénario, exercer le tracé des lettres, n’est pas toujours suffisant, ou la meilleure porte d’entrée parce que cela confronte l'enfant à as difficulté, au risque de décourager plutôt qu'engager. Il peut donc souvent être nécessaire, et beaucoup plus payant, de renforcer les préalables moteurs qui soutiennent l’écriture.
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Les préalables moteurs sont les habiletés posturales et manuelles qui permettent à l’enfant d’utiliser son crayon avec plus de contrôle, de précision et d’endurance.
Ils ne se développent pas seulement à table avec un crayon. Ils se construisent à travers une variété de modalités : des jeux graphiques, des manipulations, des bricolages, des constructions, des mouvements au sol, des activités à deux mains et des expériences répétées avec une variété d'outils.
Voici les principaux préalables moteurs à observer chez l’enfant qui s’apprête à entrer en 1re année.
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Même si l’écriture se fait avec la main, elle ne commence pas dans les doigts.
Pour que la main puisse être précise, le corps doit offrir une base suffisamment stable. L’enfant doit pouvoir s’asseoir en gardant son tronc stable, maintenir sa tête dans une position confortable, mais fonctionnelle, et libérer ses bras pour agir sur les objets.
Quand le contrôle postural est fragile, l’enfant peut :
Dans ces cas, ce n’est pas qu'une « mauvaise » posture , c’est un indice que l’enfant utilise beaucoup d’énergie pour se stabiliser. Il lui en reste alors moins pour contrôler son crayon, écouter la consigne et réfléchir à ce qu’il doit écrire.
Comment le stimuler ? Ramper, marcher à quatre pattes, pousser, tirer, transporter, grimper, se déplacer en appui sur les mains, rouler, faire des marches d’animaux ou des positions de yoga, sont des activités qui renforcent le tronc, les épaules et les bras, qui assurent la stabilité qui permet la mobilité des mains.
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Pour écrire, le bras ne doit pas bouger comme un gros bloc. L’enfant doit progressivement apprendre à dissocier son épaule, son coude et son poignet pour permettre aux doigts de faire de plus petits gestes, sans que le reste du bras ne participe au mouvement.
Chez un enfant plus jeune ou moins mature sur le plan moteur, on voit souvent de grands mouvements qui partent de l’épaule ou du coude. Le coloriage dépasse beaucoup. Les tracés sont larges. Les gestes sont parfois brusques. L’enfant peut avoir de la difficulté à rester dans un petit espace.
Avec le développement, les mouvements de chaque segment du bras deviennent plus distincts les uns des autres. Le bras bouge séparément du tronc, le coude plie et se déplie sans que le bras bouge, et le poignet se stabilise en extension. Les doigts participent davantage. La pointe du crayon devient plus mobile. C’est ce qu’on recherche progressivement pour l’écriture, une prise du crayon qu'on dira dynamique.
Comment les stimuler ? On peut soutenir cette évolution en proposant des activités variées qui gardent les coudes près du corps, tout en sollicitant des mouvements individualisés des doigts, par exemple l'activité de papa qui donne des petits gâteaux à ses enfants, pas tous en même temps pour stimuler la dissociation du poignet et des doigts.
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L’écriture est une activité à deux mains. L'une travaille, l'autre aide
Une main tient et déplace le crayon. L’autre stabilise la feuille. Cette main de soutien est parfois oubliée, mais elle joue un rôle important.
Un enfant qui n’utilise pas bien sa main de soutien peut sembler maladroit avec les outils, alors que le défi vient surtout du fait que ses deux mains ne travaillent pas encore efficacement ensemble.
On peut observer, par exemple :
Comment la stimuler ? : Les activités de découpage, de collage, de pliage, d’enfilage, de construction et de manipulation d’objets sont très utiles pour développer cette coordination.
Pour un programme de stimulation/ d'intervention prêtes à imprimer qui mettent en scènes toutes ces activités, vient chercher La boîte de motricité fine en papier 2.0 (Édition spéciale : Les défis des Manoutils).
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Les manipulations dans la main permettent à l’enfant de déplacer, tourner ou ajuster un objet à l’intérieur d’une seule main.
C’est ce qui lui permet, par exemple, de replacer ses doigts sur le crayon, de retourner son crayon pour utiliser la gomme, de faire avancer un petit objet vers le bout des doigts, de tourner un crayon dans un taille-crayon ou de manipuler un petit morceau de papier.
Ces habiletés ne sont pas seulement utiles pour l’écriture. Elles soutiennent aussi plusieurs gestes du quotidien : boutonner, ouvrir de petits contenants, manipuler des attaches, utiliser des ustensiles, organiser son matériel scolaire.
Quand les manipulations dans la main sont peu développées, l’enfant peut être plus lent, échapper souvent les objets, déposer l’objet sur la table ou le transférer dans l'autre main chaque fois qu’il doit le réajuster.
Comment les développer ? En s'amusant tout simplement à manipuler des petits objets. Et ma meilleure stratégie pour s'amuser à manipuler sans pression est La boîte de motricité fine.
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La prise du crayon attire beaucoup l’attention. Pourtant, il ne faut pas chercher une prise « parfaite »à tout prix. Ce qu’on souhaite, c’est surtout une prise fonctionnelle : une prise qui permet à l’enfant de contrôler son outil, de voir ce qu’il fait, de ne pas se fatiguer trop rapidement et de produire des tracés suffisamment précis.
➜ La préhension varie selon la tâche. On ne tient pas un crayon de la même manière pour colorier, dessiner, tracer une ligne ou écrire.
➜ La préhension varie également selon le crayon. On ne tient pas exactement un gros feutre de la même manière, qu'un crayon de cire, ou qu'un porte-mine.
➜ La préhension varie aussi selon l’outil. On ne tient pas un crayon, une gomme, des ciseaux, une règle, un bâton de colle ou un taille-crayon de la même façon.
Un enfant qui entre dans l'apprentissage de l'écriture gagne à avoir eu de nombreuses occasions d’explorer différents outils, parce que chaque outil lui demande d’ajuster sa force, sa prise, la position de ses doigts et la coordination de ses deux mains.
On peut observer la préhension en se demandant :
Comment aider l'enfant à développer une prise du crayon plus efficace ? D'abord, parlons prise du crayon, ensuite stimulons la musculature d'écriture avec ces 10 activités.
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L’écriture demande un bon dosage de la force.
L’enfant doit appuyer assez fort pour laisser une trace visible, mais pas au point de casser la mine, trouer la feuille ou se fatiguer rapidement. Ici aussi, la force à appliquer doit pouvoir s'ajuster selon le type de mine de son crayon ou d'encre de son stylo. Certaines mines marquent plus et d'autres moins selon le ratio d'argile vs de graphite qu'elle contient.
Il doit aussi apprendre à effacer (gommer) sans déchirer, coller sans froisser, découper sans crisper toute sa main, tenir la règle sans la faire glisser, tirer du ruban adhésif sans en dérouler trop.
Les difficultés de modulation de la force peuvent se manifester de plusieurs façons :
Les activités avec les outils scolaires sont intéressantes parce qu’elles donnent un retour concret à l’enfant. Si j’appuie trop, la feuille se froisse. Si je ne tiens pas assez, la règle bouge. Si je mets trop de colle, le papier gondole. Si je tire trop fort, le ruban colle partout.
Ces expériences l’aident à ajuster graduellement sa force.
Comment stimuler la modulation de la force ? :
✍🏻 Il appuie trop fort sur son crayon ? Essaie cette astuce
✍🏻 Il n’appuie pas assez fort sur le crayon ? Que faire ?
🦷 Brosse tes dents avec une gomme à effacer
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Un enfant peut être capable de produire un beau tracé pendant quelques secondes, mais avoir beaucoup plus de difficulté à maintenir cette qualité pendant une activité complète.
L’endurance est donc un autre élément à considérer.
Un enfant qui manque d’endurance peut commencer avec application, puis se désorganiser rapidement. Son coloriage devient plus rapide et moins précis. Sa posture s’affaisse. Sa prise se crispe. Il change son crayon de main. Ses lettres grossissent. Il se plaint que c’est long. Il veut arrêter.
Cela ne veut pas dire qu’il manque de bonne volonté. Il se peut simplement que la tâche soit coûteuse pour lui.
Pour développer l’endurance, il faut répéter les mêmes activités. Et pour que l'enfant ait envie de répéter, il doit s'amuser.
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Pour écrire, l’enfant doit guider son geste avec ses yeux. Il doit placer son crayon au bon endroit, rester dans un espace, suivre une ligne, respecter une trajectoire, gérer la taille des lettres et organiser les éléments sur la feuille.
Comment stimuler ces habiletés ?
Ces activités développent la coordination visuomotrice dont l’enfant aura besoin pour écrire sur une ligne, former ses lettres et respecter les espaces.
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À l’approche de sa rentrée en 1ère année, certains signes peuvent indiquer que l’enfant bénéficierait d’un soutien supplémentaire sur le plan moteur pendant l'été. Si malgré toutes la stimulations dont il a bénéficié en maternelle...
cela suggère qu'il pourrait bénéficier d’être accompagné pour consolider ses préalables moteurs à l’écriture.
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Jouer dehors, prend toujours la priorité. La nature abonde de contextes naturels pour développer la motricité posturale, globale et fine.
Et pour les jours de pluie, voici des idées de tâches et des outils pour encourager la motricité fine à se développer.
L’idée est de donner à l’enfant des expériences qui rendront les tâches scolaires plus accessibles.
Si tu apprécies du matériel déjà préparé, découvre le programme de stimulation et d'intervention ci-dessous ⬇️.
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La boîte de motricité fine en papier 2.0 : Les défis des Manoutils est un programme d’activités à imprimer pour soutenir le développement de la motricité fine et l’efficacité avec les outils scolaires.
Il a été conçu pour accompagner les enfants de 4 à 8 ans (ou plus) dans des activités variées, motivantes et directement liées aux habiletés dont ils auront besoin à l’école.
👉🏻 Pour obtenir plus d'information ou te procurer le programme : https://www.josianecaronsantha.com/boite-de-motricite-fine-en-papier
Le programme propose des activités qui sollicitent plusieurs outils importants pour la vie scolaire (les crayons, les ciseaux, la colle, la gomme à effacer, la règle, le taille-crayon, le ruban adhésif). Ces outils sont souvent présents dans la classe, et leur utilisation demande la coordination de beaucoup d'habiletés.
Dans le programme, les enfants sont invités à relever des défis avec des Manoutils, des outils scolaires personnifiés qui les accompagnent dans différents mondes thématiques. Cette approche permet de rendre la répétition plus motivante, parce que l’enfant retrouve une structure familière tout en explorant un nouvel univers.
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P.S. C'est la première fois que tu me lis ou m'entends? D'abord, bienvenue !! Je suis enchantée de t'accueillir ici sur mon site. Je suis ergothérapeute canadienne (québécoise) avec 20 ans + d'expérience en pédiatrie et en enseignement de la perspective et des stratégies de l'ergothérapie à l'échelle internationale.
Simplifier, outiller et former celles (et ceux) qui interviennent sur le développement sensorimoteur des enfants c'est ce que je fais quotidiennement sur mes réseaux sociaux, mon podcast, ma chaine Youtube et dans mes livres (L'apprentissage du découpage chez l'enfant, Bouger pour Grandir (0-8 ans), 10 questions sur les hypersensibilités sensorielles, Être ado et autiste et Comment survivre aux devoirs).
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