Développer le plaisir d’écrire, et surtout le conserver, est un enjeu central dès les premières années de scolarité.
On sait que de nombreux enfants arrivent à l’école curieux, créatifs, et motivés… puis, pour certains, l’écriture devient graduellement une source de stress, d’évitement ou de découragement.
Il faut dire qu’écrire est une activité particulièrement complexe à acquérir sur le plan moteur (une des plus difficile pour l'humain selon les études). Pour que les habiletés se développent, les efforts doivent se maintenir dans le temps. Et pour que les efforts se maintiennent, le plaisir joue un rôle clé.

Durant la petite enfance, l’enfant s’amuse à « faire semblant d’écrire » dans ses jeux. Il prend une commande au restaurant ou rédige une prescription médicale. L’écriture fait partie du jeu symbolique, sans attente de résultat.
Au préscolaire (ou à la maternelle), l’enfant apprend les lettres et les sons. Il s’amuse à écrire à partir de son intuition, en utilisant l’orthographe approchée, alors qu’il ne maîtrise pas encore les correspondances phonèmes-graphèmes. À ce stade, écrire reste une activité exploratoire et surtout associées d'émotions positives (l'enfant est fier de savoir écrire comme un grand).
Puis débute le primaire.
En première année, l’enfant apprend formellement à écrire (et souvent plus tôt en Europe). Il apprend aussi toutes les règles qui accompagnent cette activité : écrire sur la ligne, former les lettres selon un modèle précis, respecter une taille relative, suivre une séquence de tracé, commencer à orthographier certains mots correctement.
À ce moment-là, l’enfant reçoit des conseils, des rétroactions, des corrections. L’écriture devient rapidement le véhicule principal pour faire des apprentissages et démontrer ce qui a été appris.
Il devient alors difficile de dissocier ses activités et résultats scolaires de l’activité d’écriture elle-même.
Après tout ça, il ne reste souvent plus beaucoup d’énergie pour écrire en contexte social ou de loisirs.
Lorsque l’écriture est associée trop rapidement à la performance, le plaisir d’écrire diminue.
Et sans plaisir, l’engagement baisse. Quand l’engagement baisse, la pratique diminue… et les progrès aussi.
À l’inverse, lorsque l’enfant écrit pour communiquer, créer, organiser ou se souvenir, l’écriture devient un outil vivant. Le plaisir agit alors comme moteur : il soutient l’engagement, la persévérance et, à long terme, l’acquisition du langage écrit.
Quand on parle d’écriture à la maison, on pense spontanément aux devoirs, aux mots de dictée à copier, aux lettres à refaire parce qu’elles ne sont « pas belles ». L’écriture peut alors devenir, même à la maison, une source de tension plutôt qu’un moyen d’expression.
Les recherches récentes montrent que l'enfant a besoin d'écrire à la maison pour progresser et que la participation des parents pour créer des opportunités est incontournable. D'autres démontrent que les adultes souhaitent soutenir l’écriture au quotidien, mais qu’ils manquent souvent de repères concrets sur la façon de faire (Ils se demandent quoi corriger, quand intervenir, jusqu’où accompagner...).
Dans un contexte non scolaire, l’objectif n’est pas…
d’obtenir des lettres parfaites,
de respecter toutes les règles formelles,
ni de transformer chaque occasion d’écrire en exercice technique.
L’objectif est plutôt de :
multiplier les occasions naturelles d’écrire,
diminuer la pression associée à la performance,
soutenir la fluidité, l’endurance et la confiance,
préserver une relation adulte-enfant positive autour de l’écriture.
Lorsque l’écriture sert à faire quelque chose réel l’engagement de l’enfant change. L’écriture devient un moyen de participer à une occupation, et non l'objectif ou une évaluation de ses compétences.

Avant de parcourir la liste d’activités, voici quelques repères :
L’enfant peut écrire à sa façon, selon son niveau et ses capacités du moment.
L’écriture peut être partagée : l’adulte écrit une partie, l’enfant une autre.
Les activités gagnent à être courtes, mais régulières.
Valoriser l’intention et le message avant la forme.
Les activités fonctionnent mieux lorsqu’elles rejoignent les intérêts de l’enfant.
L’écriture « imparfaite » peut exister sans intervention immédiate.
Remplir des faux formulaires, chèques ou factures (banque, magasin).
Écrire des « contraventions » drôles aux membres de la famille (ex: "Amende pour avoir laissé traîner tes chaussettes").
Faire des listes "Top 5" ou "Top 10" (mes animaux préférés, les pires légumes, mes superhéros favoris).
Tenir un carnet d'observation de la nature (noter les oiseaux vus dans le jardin, dessiner et légender une feuille).
Jouer au journaliste : Écrire un court « article de journal » sur un événement familial de la semaine.
Inventer et écrire des messages codés (codes secrets).

Lorsque l’écriture est difficile ou évitée, c'est parfois le contexte qui est exigeant, plus que l’écriture elle-même.
Modifier le pourquoi et le comment de l’écriture peut transformer le rapport de l’enfant à l’écrit et contribuer à préserver le plaisir d’écrire bien au-delà des premières années scolaires.
Pour plusieurs enfants, les contextes informels d'écriture au quotidien favorisent aussi une reprise de confiance.
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P.S. C'est la première fois que tu me lis ou m'entends? D'abord, bienvenue !! Je suis enchantée de t'accueillir ici sur mon site. Je suis ergothérapeute canadienne (québécoise) avec 20 ans + d'expérience en pédiatrie et en enseignement de la perspective et des stratégies de l'ergothérapie à l'échelle internationale.
Simplifier, outiller et former celles (et ceux) qui interviennent sur le développement sensorimoteur des enfants c'est ce que je fais quotidiennement sur mes réseaux sociaux, mon podcast, ma chaine Youtube et dans mes livres (L'apprentissage du découpage chez l'enfant, Bouger pour Grandir (0-8 ans), 10 questions sur les hypersensibilités sensorielles, Être ado et autiste et Comment survivre aux devoirs).
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